Il nous est déjà tous arrivé de ressentir de la culpabilité au moins une fois dans notre vie. Ce sentiment qui peut nous ronger et nous empêcher de vivre pleinement. Que ce soit lors de choix personnels, de choix professionnels ou lors de nos relations interpersonnelles, la culpabilité peut surgir à n’importe quel moment. Et cela n’améliore ni l’estime de soi ni notre bien-être. Il est donc essentiel d’apprendre à arrêter de culpabiliser, non seulement pour se libérer d’un poids mais aussi pour notre propre épanouissement personnel.
Dans cet article, nous explorerons les effets néfastes de cette culpabilité, les raisons pour lesquelles nous avons tendance à ressentir ce sentiment et des stratégies efficaces pour s’en défaire. Ensemble, nous découvrirons comment accueillir l’acceptation et la bienveillance envers soi-même, pour avancer vers une vie plus sereine et authentique.
Contenus
C’est quoi le sentiment de culpabilité
La culpabilité est ce sentiment de faute qu’on ressent lorsqu’on n’a pas respecté certaines règles ou certaines valeurs. Elle est nécessaire pour une vie en société en harmonie, car elle nous incite à respecter les règles et à réparer nos torts. Mais elle peut être présente alors que la faute n’est qu’une injonction. Finalement qui décide qu’il y a faute ? Nous ? La société ? Cette évaluation est subjective et nous amène à avoir des regrets, des remords et fait baisser l’estime de soi.
On la confond parfois avec la honte, qui est plus une peur du regard et du jugement des autres. Quand on ressent de la honte, on a peur d’être mal perçu.e. Quand on ressent de la culpabilité, on a peur d’avoir fait du mal à autrui.
Comment reconnaitre qu’on culpabilise
Pour vaincre un comportement, encore faut-il prendre conscience qu’il existe. Quand vous avez agi de manière inappropriée, c’est normal de vous sentir coupable, pour vous permettre de réparer le tort causé. Malgré tout, parfois vous n’aurez pas l’impression de culpabiliser, vous aurez l’impression que c’est de la honte, ou autre chose qui domine. De temps en temps, si vos culpabilisez, vous ferez tout pour éviter de ressentir cela. Vous adopterez alors certaines stratégies d’évitement :
- Vous avez des pulsions alimentaires pour camoufler l’inconfort que vous ressentez,
- Vous vous dites que tout va bien, alors que vous vous sentez mal,
- Vous vous remettez au travail après le diner, parce que vous êtes rentrée plus tôt du travail,
- Vous essayez de chercher du réconfort auprès de vos proches.
Quand vous prenez conscience que vous culpabilisez, prenez un moment pour accueillir l’inconfort qui est présent. Et demandez-vous pourquoi ? Qu’est-ce qui vous fait vous sentir coupable ? Est-ce que ce sentiment est fondé ? Est-ce que vous répondez à des injonctions extérieures (il faut faire comme ça pour être une bonne mère/épouse/employée…) ? Est-ce que vous ressentez un conflit intérieur (je veux être efficace au travail et être à la maison en même temps).
Prendre conscience de ce sentiment vous aidera à en sortir.
Qui est concerné par la culpabilité ?
Tout le monde peut se sentir coupable, mais ce sentiment est plus présent pour les personnes qui ont un désir d’incarnation de valeurs fortes et un certain degré d’empathie. Ce sentiment survient quand on a fait quelque chose en désaccord avec des valeurs importantes pour nous ou pour la société. La personne qui se sent coupable considère qu’elle est redevable envers la personne à qui elle a causé du tort.
Se sentir coupable n’est donc pas forcément négatif, ça permet de vérifier qu’on ne fait pas de mal autour de soi, de s’intégrer dans une norme sociale indispensable à toute société. Elle permet de corriger les actions qui peuvent nuire à autrui, de modifier son comportement par la suite. Si vous êtes en retard à un rendez-vous, vous aurez envie de vous excuser pour réparer le tort causé. Et c’est une bonne chose pour changer d’attitude, vous améliorer, maintenir de bonnes relations.
Le problème, c’est quand la culpabilité est induite par une autre personne ou par des croyances sociétales non fondées (les femmes doivent être sages, une bonne mère devrait faire….etc.). Cela peut nuire à la confiance en soi, en nous incitant à adopter des attitudes édictées par les autres. Le recours à la culpabilité est aussi fréquemment utilisé dans la persuasion pour inciter à l’achat, à l’investissent, à l’engagement.
Pourquoi on culpabilise tout le temps
Si vous culpabilisez sans arrêt, c’est certainement qu’il y a un déséquilibre entre les valeurs qui sont importantes pour vous et votre comportement. Ce sentiment peut venir aussi d’un désir de contrôle et de perfection parfois inatteignable. Les messages sociétaux y sont souvent pour beaucoup : « tu dois faire ceci pour être aimé », « tu devrais te comporter comme ça parce que ». Et certaines personnes peuvent aggraver ce sentiment.
La culpabilité n’arrive pas toute seule, elle fait suite à un événement, un jugement de nous-même, une action. Il est donc important d’analyser la situation : pourquoi je me sens coupable dans cette situation ? Qu’est-ce que je ressens en ce moment ? Est-ce que je culpabilise à cause de messages implicites reçus ? Ou à cause de conflits intérieurs dus à mes valeurs profondes ? Est-ce que je me juge ? Est-ce que quelqu’un me juge ?
Dans certaines circonstances, cette souffrance due à la culpabilité vous aidera à agir de façon rationnelle pour rétablir le tort causé, pour vous améliorer. Au lieu de ressasser exagérément, réfléchissez à ce que vous pourriez faire pour améliorer la situation, ou pour faire mieux la prochaine fois.
Toutes ces questions vous amènent à comprendre d’où vient ce sentiment dans une situation précise et à agir en conséquence.
Comment arrêter de culpabiliser
Face au sentiment de culpabilité, la question à vous poser est : Avez-vous fait du mieux que vous pouviez ? Si oui, rappelez-vous que vous n’auriez pas pu faire davantage et que vous n’avez pas à vous sentir responsable. Parfois, on peut se sentir coupable lors de nos interactions avec d’autres personnes, pensant qu’on est responsable de l’altération de la relation. Dans ces cas-là, rappelez-vous que la communication est un lien entre deux ou plusieurs personnes et que chaque partie a sa propre responsabilité.
Vous n’avez pas à vous souffrir d’être qui vous êtes. Si vous ne vous infligez pas d’obligations liées aux injonctions extérieures, vous aurez ce pouvoir de garder votre authenticité. Vous n’avez pas envie de rentrer dans des cases ? Et alors, c’est une grande force, prenez en conscience et félicitez-vous pour cela.
Enfin, notez quelles sont les situations pendant lesquelles la culpabilité est la plus présente en explorant vos émotions. Parfois, ce n’est d’ailleurs pas tant la situation que les personnes présentes qui amènent ce sentiment de culpabilité. De manière insidieuse, certaines personnes ont cette capacité à nous faire culpabiliser alors qu’il n’y a aucune raison de se sentir coupable. En prendre conscience vous aidera à sortir de cette influence néfaste.
Ne pas confondre culpabilité et honte
La culpabilité n’est pas toujours accompagnée de honte, alors que la honte est toujours accompagnée de culpabilité, c’est donc un premier moyen de les différencier. Quand on ressent de la honte, c’est un jugement qu’on a vis-à-vis de soi-même qui n’apporte rien alors que la culpabilité a une fonction ; celle de réparer le tort qu’on a causé.
Pour distinguer les deux, on peut se rappeler que la honte nous amène à cacher notre comportement. C’est la différence entre se reprocher de craquer sur une tablette de chocolat (on se sent coupable) et se cacher pour manger du chocolat (on a honte de nous). La honte est un jugement vis-à-vis de soi-même, elle n’amène pas de changement. La culpabilité a une fonction d’apprentissage, elle peut nous amener à modifier notre comportement.
La honte nous fait nous sentir mal, c’est tout. Alors que la culpabilité nous met mal à l’aise, mais avec un désir de changement.
Repérer ceux qui nous culpabilise
Il y a des moments où vous pouvez vous sentir fautif.ve sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être que vous êtes simplement en contact avec des personnes qui vous culpabilisent. Voici des signes qui vont vous aider à les repérer :
- Des reproches déguisés: ce sont des remarques qui peuvent sembler anodines mais ont un impact énorme sur votre estime personnelle. On vous reproche de ne pas être disponible, de ne pas être sensible. Du genre : « si tu m’aimais vraiment, tu passerais plus de temps avec moi ».
- La minimisation de vos besoins: on sous-entend que vos besoins ne sont pas aussi importants que ça. Les compromis, c’est vous qui devez les faire. Vos soucis ? Ils sont secondaires. C’est comme si vous deviez faire passer tous les autres avant vous. Du genre : « oh ce n’est pas si grave, tu vas retrouver du travail ! ».
- L’injonction à vous justifier en permanence: le moindre de vos choix doit être justifié. Vous décidez de ne pas sortir avec votre copine, elle vous fait comprendre que vous être égoïste de prendre soin de vous. Du genre : « ah je voulais te voir, mais bon tant pis ! ».
Si vous ressentez de la culpabilité sans identifier la raison, demandez-vous si ce n’est pas d’autres personnes qui vous font ressentir ça. Et si cela se produit trop souvent, il est peut-être temps de faire du tri dans vos relations.
Se libérer de la culpabilité n’est pas nécessaire si celle-ci vous aide à ressentir de l’empathie et à respecter les autres, leur bien-être. Cela peut vous aider à prendre conscience que vous avez fait quelque chose de mal et à le corriger. Mais la culpabilité peut également vous amener à vous conformer à des injonctions extérieures ou des influences qu’on cherche à avoir sur vous. Tout le travail revient à distinguer la culpabilité utile de celle qui vous nuit.