Vous vous sentez fatigué.e en permanence, sans énergie, et envie de ne rien faire ? Ou peut-être vous inquiétez-vous pour un proche ? La dépression est une maladie fréquente (elle touche 1 personne sur 5 en France), mais elle est souvent mal comprise.
Saviez-vous que près de 50% des dépressions ne sont pas diagnostiquées (source : OMS) ? Simplement parce que les signes de la dépression sont souvent confondus avec du stress ou de la fatigue passagère.
Dans cet article, vous découvrirez les 10 signes principaux de dépression, les causes les plus fréquentes, et quoi faire si vous ou un proche présentez ces symptômes.
Les ressources et numéros utiles sont à la fin de cet article.
Contenus
Qu’est-ce que la dépression
Pour commencer, la définition du Larousse : « État pathologique marqué par une tristesse avec douleur morale, une perte de l’estime de soi, un ralentissement psychomoteur. »
La dépression est donc un état pathologique, donc une pathologie. Ce point est important, car de nombreuses personnes pensent (à tort) que c’est « dans la tête ». Les pensées ont en effet un impact, mais pas que.
Les personnes atteintes d’épisode dépressif ressentent aussi des émotions de tristesse, d’abattement, avec une perte d’intérêt pour des activités qui procuraient du plaisir auparavant. Ce n’est pas juste un changement d’humeur.
Les différentes formes de dépression
La dépression peut revêtir différentes formes. Voici les principaux types de dépression :
- L’épisode dépressif (ou dépression unipolaire) : c’est un épisode unique d’au moins 2 semaines, avec un ensemble de symptômes qui peuvent durer de quelques semaines à quelques années. Si cet épisode n’est pas pris en charge correctement, il peut entrainer des épisodes dépressifs récurrents.
- La dépression saisonnière : en hiver, la baisse de luminosité peut impacter la bonne sécrétion des hormones et neurotransmetteurs. Les personnes touchées ressentent l’envie de dormir, de se replier sur elles-mêmes.
- Le trouble dépressif récurrent (ou majeur): c’est la succession d’épisodes dépressifs dans le temps, sur plusieurs années en alternance avec des phases ou l’humeur revient à la normale. C’est différent du syndrome bipolaire qui comprend des phases maniaque (il n’y en a pas dans le trouble dépressif récurent).
- La dysthymie : les symptômes sont plus légers mais dure au moins deux ans, parfois même plusieurs années. Cette forme de dépression est souvent appelée « dépression chronique ».
- La dépression post partum: après l’accouchement, certaines mères ont une baisse de moral. Si cela dure plus d’une semaine, ça peut indiquer une dépression post-partum.
Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre d’où l’importance de contacter un professionnel de la santé au moindre doute.
Les symptômes de la dépression à reconnaitre
La dépression se manifeste de multiples façons et peut toucher n’importe qui. Les troubles de l’humeur peuvent apparaitre à différents moments de la vie, parfois en raison d’un contexte personnel, ou professionnel. Reconnaitre les signes est primordial pour une prise en charge rapide et plus efficace.
Les signes de la dépression sont classés en 3 catégories : les symptômes physiques, les signes émotionnels et les signes comportementaux. Pour poser le diagnostic de dépression, ces symptômes sont présents :
- Présents chaque jour ou presque chaque jour.
- Pendant au moins deux semaines.
- Sentiment de tristesse, de vide, d’abattement ET perte d’intérêts.
- Associés à 5 autres signes (physiques, émotionnels ou comportementaux). Voyons quels sont les autres signes chez les personnes souffrant de dépression.
Les manifestations physiques
- Fatigue constante : même après une nuit de sommeil, la fatigue reste persistante, parfois même au réveil. Exemple : « je me lève épuisé.e et je n’ai rien envie de faire ».
- Troubles du sommeil : des insomnies de plus en plus régulières, voire de l’hypersomnie. Exemple : « je voudrais me mettre au fond de mon lit tous les après-midi ».
- Douleurs inexpliquées: maux de tête, douleurs de dos, mal au ventre avec parfois des troubles digestifs associés. Exemple : « ça fait trois semaines que je me traine un mal de dos. »
- Perte ou gain de poids : malgré une alimentation inchangée, vous perdez du poids ou au contraire vous en prenez.
- Ralentissement psychomoteur : vous vous sentez au ralenti, physiquement ou intellectuellement. Toutes les activités sont impactées.
Les signes émotionnels
- Tristesse persistante : ce n’est pas une tristesse passagère mais qui dure dans le temps (plus de 2 semaines), sans explication.
- Perte d’intérêt : même les activités autrefois plaisantes ne génèrent plus d’envie. Exemple : « en ce moment, j’ai envie de rien faire, même aller à mon cours de danse ».
- Sentiment de culpabilité ou d’inutilité: la sensation de mal faire, d’être nul.le, d’être un poids pour les autres.
- Difficulté de concentration: impossible de se concentrer, même pour des tâches simples. Avec parfois un sentiment d’agitation.
Les signes comportementaux
- Isolement social : tendance à éviter les amis, la famille. Exemple : « J’annule tous mes rendez-vous et je reste chez moi ».
- Agressivité, irritabilité: modification de l’humeur, avec des pensées noires, parfois des idées suicidaires. Exemple : « Je ne supporte plus personne, même mes amis ».
Ces symptômes apparaissent parfois sur le long terme et n’alertent pas immédiatement. Et l’intensité des symptômes n’est pas la même pour tout le monde. On peut donc faire face à une dépression modérée ou une dépression plus sévère.
Les causes fréquentes de la dépression
Quand ça nous « tombe dessus », on cherche tous à comprendre : « mais pourquoi moi ? ». Il est normal de chercher ce qui nous a amené à cet état dépressif. Traiter la dépression, c’est aussi éviter que ça revienne. Voici les 5 principales causes de dépression :
- Les facteurs biologiques : chute de certains neurotransmetteurs (les neurotransmetteurs : sérotonine, dopamine). Identifier ce facteur permet de mettre en place un traitement adapté (comme les inhibiteurs sélectifs de la sérotonine).
- Les événements traumatisants : deuil, licenciement, rupture, violence. Selon l’INSERM, 60% des dépressions sont déclenchées suite à un événement stressant.
- Le stress chronique : surcharge de travail, pression, manque de temps, burnout. Les personnes constamment stressées ont plus de risque de développer un trouble dépressif.
- L’isolement social : le manque de soutien affectif au quotidien, le sentiment d’être seul.e au milieu des autres, et ça presque tous les jours. C’est à la fois une cause et un symptôme.
- Le mode de vie : alimentation pauvre, sédentarité, manque de sommeil, consommation excessive d’alcool. Par exemple, une carence en vitamine D augmente de 40% les risques de dépression. D’ailleurs, en hiver on ressent parfois une humeur dépressive en raison du manque de lumière (et donc de synthétisation de la vitamine D).
La dépression n’a pas qu’une seule cause, mais résulte souvent d’une combinaison de facteurs. Identifier la cause permet de choisir le traitement adapté (thérapie, médicaments, changements de mode de vie).
Les facteurs de risque les plus courant
Identifier les facteurs permet la mise en place d’actes de prévention. Les recherches ont permis d’identifier 7 facteurs principaux de dépression :
- La perte d’un proche : il ne s’agit pas là du sentiment de deuil, mais parfois d’un sentiment de culpabilité, en raison de relations altérées avec la personne disparue. Il peut s’agir aussi du sentiment de perte d’utilité si on aidait beaucoup cette personne. Et enfin, la perte de personnes chères nous ramène à notre propre finitude, entrainant parfois un état dépressif.
- La séparation : même si la séparation est de notre propre initiative, nous perdons une petite parcelle de nous-mêmes, nous perdons un cadre, une identité. Ce sentiment de perte s’accompagne de changements au quotidien qui peuvent amener de la tristesse, de la mélancolie et parfois donc aussi une dépression.
- Les conflits: surtout les conflits au travail parce qu’on a l’impression qu’on ne peut rien faire. Ce sentiment de perte de contrôle s’accompagne de perte de sens, de sentiments de culpabilité, d’échec. C’est d’autant plus le cas si le travail représente une part importante de notre vie, en termes de temps passé mais aussi d’investissement émotionnel.
- Les maladies : certaines maladies ont un impact sur le système nerveux, mais les affections longue durée peuvent aussi amener à une fragilité émotionnelle intense (on se sent fragilisé). Il est parfois difficile de se projeter quand la maladie entrave notre capacité à mener une vie « normale ». Il faut aussi noter que certains médicaments ont des effets secondaires impactant l’état d’humeur.
- La maternité: que ce soit au moment de la grosses, à l’approche de l’accouchement ou après, les changements endocriniens peuvent entrainer un trouble psychique. Le plus connu étant la dépression post-partum qui s’explique par un effondrement hormonal, mais aussi par le deuil de la grossesse. Les mères en parlent peu car elles se sentent coupables.
- La ménopause: les modifications hormonales ne sont pas les seuls facteurs. En effet, à ce moment de sa vie, la femme fait face à la perte de capacité de procréer, mais aussi le départ des enfants ou le départ à la retraite. La femme a parfois la sensation de perdre son « utilité » dans la société.
- Le syndrome prémenstruel: juste avant leurs règles, certaines femmes vivent un épisode dépressif. C’est dû aux changements hormonaux. Il a même été constaté que les tentatives de suicide sont augmentées pendant cette phase.
Ces facteurs sont les principaux reconnus mais d’autres peuvent encore aggraver les risques : inactivité physique, mauvaise alimentation, alcool à outrance, les relations sociales détériorées, etc.
Que faire face à un trouble dépressif
Vous reconnaissez ces signes chez vous ou un de vos proches ? Voici comment agir étape par étape :
- Etape 1 : consulter un professionnel est la première chose à faire face à des symptômes dépressifs. La première personne à contacter est le médecin traitant qui pourra poser le diagnostic. Vous pourrez ensuite contacter un psychiatre ou un psychologue pour une thérapie adaptée (TCC:Thérapie Cognitivo-comportementale, EMDR, etc.). Les antidépresseurs vont aussi vous aider, ne négligez pas un traitement adapté.
- Etape 2 : parler à un proche de confiance. Une étude a montré que briser l’isolement réduit les symptômes de 30%. Trouvez une personne à qui vous pourrez demander du soutien ponctuellement. Exemple de phrase : « Je ne vais pas bien en ce moment, j’ai besoin de ton soutien ».
- Etape 3 : adopter des habitudes « anti-dépression ». Pratiquer une activité physique permet d’augmenter la sécrétion de sérotonine (l’hormone du bien-être et défaillante lors d’épisodes dépressifs). Rectifier progressivement son alimentation : oméga-3 (poissons gras), magnésium, etc. Adopter une routine de sommeil avec coucher et lever à heure fixe, pas d’écran, etc.
- Etape 4 : technique de relaxation. La méditation ou la relaxation aide à se détendre et à mettre le système nerveux en mode repos. Certaines études ont même montré que la méditation était très efficace en cas de dépression chronique. ATTENTION toutefois, la méditation ne peut pas être pratiqué dans la phase de dépression profonde (il faut attendre d’être sorti de l’épisode dépressif).
- Etape 5 : éviter l’auto-médication. C’est tentant de prendre soi-même des traitements pour essayer de gagner du temps mais en prenant les mauvaises molécules, vous risquez d’aggraver les choses. Par contre, certaines thérapies naturelles peuvent vous aider (phytothérapie, luminothérapie). Vérifiez bien la formation de la personne que vous contacter et parlez-en à votre médecin (les plantes ne sont pas inoffensives et peuvent être contre-indiquées avec certains traitements).
Témoignage :
« J’ai attendu 1 an avant d’oser en parler à mon médecin. Dès que j’ai commencé le traitement, allié à des séances de thérapie, je me suis senti mieux au bout de quelques semaines. »
Dépression vs. tristesse passagère : comment faire la différence
La dépression n’est pas une simple tristesse passagère, mais on peut avoir du mal à distinguer les deux. Voici 3 critères clefs pour distinguer les deux :
La tristesse passagère :
- Dure quelques jours à 2 semaines,
- Est fluctuante (bons moments et moins bons),
- Est gérable (pas d’impact sur l travail, les relations)
La dépression :
- Dure plus de 2 semaines,
- Est constante (même dans les « bons » jours),
- Est handicapante (on ressent une incapacité à fonctionner).
Exemple :
« après ma rupture, j’ai pleuré 3 jours, puis ça allait mieux » = c’est de la tristesse. « Depuis 3 mois, je n’ai plus envie de rien, même pas de voir mes amis » = dépression.
Que faire en cas de doute ?
- Test en ligne pour une première évaluation : http://www.amiform.com/web/documents-patients-douloureux/questionnaire_abrege_de_beck.pdf
- Consulter au moindre doute pour valider ou invalider le diagnostic
Prévenir la dépression, un enjeu de santé mentale
On sous-estime souvent la dépression et pourtant, c’est le trouble psychiatrique le plus fréquent. En effet, 5 à 15% de la population française connaitra un épisode de dépressif durant sa vie. La santé mentale fait partie de la santé, et ce n’est pas simplement l’absence de maladies mentales, mais c’est (selon l’OMS) un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès e manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». Prévenir la dépression est donc un enjeu de santé mentale important.
Pour cela, Santé Publique France communique régulièrement pour mieux s’informer, et trouver des solutions pour se soigner.
Le site « info-depression.fr » permet de mieux connaitre cette maladie, et de mieux communiquer.
Mais surtout, la santé mentale ne doit plus être diabolisée, mais considérée à sa juste place. Pour cela, des parcours de formation sont possibles : le PSSM (Premiers Secours en Santé Mentale). Ce parcours nous aide à apporter du soutien aux personnes souffrant de troubles mentaux, en utilisant les bons mots et en apprenant à mieux orienter.
Dépression, où trouver de l’aide ?
Si vous reconnaissez des symptômes de dépression chez vous ou l’un de vos proches. Si vous vous sentez en détresse, voici où trouver de l’aide immédiatement :
Des numéros d’appel :
- SOS Amitié : 09 72 39 40 50 – https://www.sos-amitie.org/
- Suicide écoute (24h/24-7j/7) : 01 45 39 40 00 – http://www.suicide-ecoute.fr/
- SOS Suicide Phénix (24h/24-7j/7) : 0825 120 364 (15ct / min) – Île-de-France : 01 40 44 46 45 (prix d’un appel local) – http://www.sos-suicide-phenix.org/
- Ecoute Famille : 01 42 63 03 03
- Fil Santé Jeunes (pour les enfants et adolescents uniquement) (7j/7 de 8h à minuit) : 0800 235 236 – http://www.filsantejeunes.com/
- Phare Enfants-Parents (pour les parents et les enfants) (du L au V 10h-17h) : 01 43 46 00 62 –http://www.phare.org/
Des associations d’aide à surmonter la dépression :
- Association France-Dépression : 07 84 96 88 28 – http://france-depression.org/
- L’unafam (Union nationale des amis et familles de malades psychiques) : 01 53 06 30 43 – http://www.unafam.org/
- La FNAPSY (Fédération Nationale des Associations d’usagers en PSYchiatrie) : 01 43 64 85 42 – http://www.fnapsy.org/
Conclusion
La dépression est une maladie, pas une faiblesse. Elle se soigne. Vous n’êtes pas seul.e. Les troubles dépressifs peuvent empirer s’ils ne sont pas pris en charge à temps. N’attendez pas avant de demander de l’aide si vous constatez que certains symptômes sont présents




