Exprimer sa colère sans culpabiliser

Comment apprendre à exprimer sa colère sans culpabiliser (et sans tout casser) : 3 étapes concrètes

Vous aimeriez bien exprimer ce qui vous met en colère, sans finir par hurler ou dire des choses que vous regrettez ? Vous rêvez de dire ce qui vous dérange, sans pour autant exploser à chaque fois ?

La colère est une émotion fulgurante, souvent mal comprise. On nous a répété qu’il ne fallait jamais s’énerver (« c’est mal vu »), alors que la colère est normale, et qu’elle peut être exprimée sans tout casser.

Le problème, c’est qu’on a du mal à l’exprimer et qu’elle finit par nous ronger de l’intérieur, elle abîme nos relations, et nous fait dire des choses qu’on regrette dans les secondes qui suivent.

Alors comment exprimer sa colère sans culpabiliser ? Dans cet article, découvrez :

  • Pourquoi la colère est si difficile à gérer,
  • Comment identifier les éléments déclencheurs,
  • Ma méthode en 3 étapes pour exprimer sa colère sans culpabilité ni regrets,
  • Les erreurs à éviter (et comment les corriger)

La colère n’est pas votre ennemie. Apprendre à l’écouter est la clef pour vous affirmer sans tout casser.

La colère est certainement l’émotion la plus diabolisée. Il ne faudrait jamais se mettre en colère, c’est mal vu. Si vous vous êtes déjà emporté en public, vous l’avez certainement remarqué : personne n’a eu pitié de vous. Alors que si vous pleurez ou que vous avez peur, tout le monde vous soutient.

On nous a appris que :

  • La colère est un signe de faiblesse (alors qu’elle est une réaction naturelle à une injustice ou un manque de respect de nos limites)
  • Il faut tout garder pour soi (alors que ressasser entraine explosion ou rumination)
  • On doit rester calme en toutes circonstances (sinon on dira de nous : « il/elle est colérique »)

Et pourtant, la colère est une émotion qui nous donne un signal : celui qu’une de nos limites a été franchie ou qu’un besoin n’est pas respecté. Le problème n’est pas la colère, mais la façon dont on l’exprime.

Pourquoi la colère est diabolisée ?

Dans notre société, la colère est souvent associée à :

  • L’agressivité (alors qu’elle peut être exprimée calmement)
  • La perte de contrôle (alors qu’elle peut être canalisée)
  • La culpabilité (surtout pour les femmes, éduquées à « être douces et gentilles »)

Reconnaître le déclencheur de la colère

Votre colère ne vient jamais de nulle part. elle est toujours déclenchée pour une raison légitime. En identifiant les déclencheurs, vous devenez capable de les anticiper.

Les principaux déclencheurs de la colère :

  • Un besoin non respecté : besoin de respect, de temps pour soi.
  • Une limite franchie : quelqu’un empiète sur votre espace, votre temps.
  • Une injustice : envers vous ou envers les autres.
  • Un sentiment d’impuissance : vous ne pouvez pas changer une situation qui ne vous convient pas ou plus.

Exercice : Le journal des déclencheurs.

Pendant une semaine, notez :

  • Les petites contrariétés qui vous agacent,
  • Les pensées négatives associées,
  • Les besoins identifiés.

Exemple : « mon collègue m’a coupé la parole en réunion », mes pensées : « pour qui se prend-il ? Il ne me respecte pas », besoin identifié : besoin de respect.

Vos déclencheurs sont souvent les mêmes (mêmes schémas, mêmes personnes). Les identifier vous permettra de repérer les situations et les agissements sources d’agacement de colère régulière. Vous pourrez ainsi anticiper et mieux réagir face à ces situations ou ces personnes.

Exprimer sa colère sans culpabiliser-les déclencheurs

Les origines courantes de la colère

La colère n’est pas là par hasard. Au-delà des déclencheurs, elle est souvent nourrie par notre éducation, nos expériences passées ou certaines croyances acquises au fil des années.

Les principales origines de la colère :

  • Votre éducation : on vous apprit à réprimer vos émotions (« arrête de t’énerver », « calme toi »). Au lieu d’exprimer votre agacement, vous le laissez s’installer et s’amplifier. L’agacement s’accumule et finit par se transformer en colère… qui finit par exploser.
  • Vos expériences passées:  si vous avez subi l’injustice, le manque de soutien, votre colère s’est amplifiée. Vous pouvez aussi avoir subi des maltraitances et des situations stressantes qui ont façonnées votre personnalité pour vous permettre de vous protéger.
  • Vos croyances limitantes: vous pensez qu’exprimer votre colère fera de vous une mauvaise personne, vous craignez d’être jugé, rejeté.e. le problème n’est pas d’exprimer sa colère, mais de l’exprimer de façon juste.
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Que faire face aux émotions ?

Exemples :

« Quand j’étais petit, on me disait « arrête de faire des caprices », j’ai appris à réprimer mes émotions et aujourd’hui, j’ai du mal à m’affirmer ». Fabrice, 36 ans

« Je suis persuadée que si je dis ce que je pense quand je suis agacée, on va me considérer comme « chiante », alors j’ai préféré me taire pendant des années ». Claire, 42 ans.

« Si j’exprime ma colère, on va penser que je suis méchante ». Vanessa, 26 ans

Test : quelle est votre relation à la colère ?

Cochez les cases qui vous correspondent :

   □ Je ravale ma colère… puis je rumine pendant des jours.

   □ J’explose pour un rien… et je regrette après.

   □ J’ai peur que les gens me voient comme « trop émotionnelle »

   □ Je me sens coupable de ressentir de la colère.

Si vous avez coché 2 cases ou plus, il est temps d’appliquer la méthode des 3 étapes pour mieux exprimer sa colère.

Méthode des 3 étapes pour mieux exprimer la colère

Le problème, ce n’est pas la colère mais la manière dont vous l’exprimez. Voici une méthode en 3 étapes pour exprimer votre colère de manière juste et alignée.

Etape 1 : identifier ce qui peut déclencher de l’énervement

Pour mettre des mots sur votre émotion, voici 3 questions à vous poser :

  • Qu’est ce qui a déclenché ma colère ? quelle situation précise ? Quelle personne était concernée ?
  • Quel est le besoin qui n’a pas été respecté ? besoin de respect ? D’écoute ? De justice ? De limites ?
  • A quel endroit du corps je ressens cette colère ? Dans la gorge ? dans le ventre ? dans la poitrine ? un autre endroit ?

Exemple :

Mon conjoint a annulé notre soirée en tête à tête sans me demander si cela me convenait. Mon besoin : respect de mon avis sur la question, besoin de temps de qualité ensemble. Sensation : boule dans poitrine.

Etape 2 : canaliser l’emportement pour se donner du temps

Dans un premier temps, je peux utiliser des outils pour éviter d’exploser. Voici 3 outils précieux :

  • Respiration : utiliser la respiration permet d’apaiser le système nerveux. La technique de respiration « 4-7-8 » va vous aider: Inspirez 4 secondes, bloquez 7 secondes, expirez 8 secondes (à répéter 3 fois).
  • Ecrire une lettre (sans l’envoyer) : déversez tout sur le papier, ça vous aidera à formaliser vos besoins en rapport à la situation du moment. Une fois écrite, déchirez ou brûlez la lettre.
  • Bouger : l’activité physique aide à libérer les tensions corporelles accumulées. Marcher, danser, courir, c’est aussi un bon moyen de défocaliser votre attention et de libérer des endorphines.

Pourquoi ça marche ? ces techniques réduisent l’adrénaline (hormone du stress) et vous aident à prendre du recul.

Etape 3 : exprimer

Il est courant de s’arrêter à l’étape 2, vous vous dites : « ça y est, je suis calmé.e ! Je passe à autre chose. ». Mais si vous n’exprimez pas ce que vous ressentez, ça va finir par s’accumuler, et vous prenez le risque d’exploser.

Voici une formule « magique » pour exprimer ce qu’on ressent sans agressivité et sans jugement :

« Je me sens (émotion) quand (situation), parce que j’ai besoin de (besoin).

Exemple :

« Je me sens frustrée quand tu annules nos projets au dernier moment, parce que j’ai besoin de passer du temps avec toi ».

A éviter :

  • Les accusations : « Tu penses toujours à toi et jamais à moi », à la place dites : « Je me sens ignoré.e quand tu ne prends pas en compte mes besoins ».
  • Les généralisations : « Tu ne m’écoutes jamais ! », à la place dites : « J’ai besoin que tu m’écoutes quand je te parle de ce sujet important pour moi ».
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Exprimer sa colère sans culpabiliser-3 étapes pour exprimer sa colère

Exemple d’échange bienveillant :

Avant : « Tu es égoïste ! Tu ne penses jamais à moi ! » (Culpabilisation, généralisation, accusation qui entrainent rancœur et conflit).

Après : « Je me sens triste quand nos projets sont reportés, parce que j’ai besoin de moments de partage entre nous. Est-ce qu’on pourrait en parler ? » (Expression du besoin, ouverture au dialogue, empathie)

Pourquoi est-il important de canaliser sa colère

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Une idée fausse circule de plus en plus : il faudrait exploser une bonne fois pour toute pour être calme ensuite. D’ailleurs, on voit apparaitre des « raging room », ces salles où vous pouvez exploser, tout casser, pour vous « défouler ». Et pourtant, les études le montrent(1) : laisser exploser sa colère consciemment ne fait que la renforcer.

Refouler sa colère, ce n’est pas mieux. Le plus judicieux, c’est d’apprendre à la canaliser en l’exprimant de manière juste, pour :

  • Eviter les somatisations : maux de tête, fatigue chronique, troubles digestifs.
  • Préserver vos relations : moins de conflits, plus de respect mutuel.
  • Retrouver votre pouvoir : vous affirmez sans vous renier.

Le saviez-vous ? Les études montrent que les personnes qui expriment leurs émotions de manière constructive ont :

  • Moins de stress
  • Des relations plus épanouies
  • Une meilleure estime d’elle-même

La colère n’est pas votre ennemie : c’est un signal qui vous dit : « Quelque chose ne va pas. Ecoute-moi »

Les erreurs à éviter

Maintenant que vous savez comment mieux exprimer votre colère, voyons ce qui peut l’aggraver, des erreurs courantes que vous pouvez éviter :

  • Réprimer sa colère: plus vous gardez votre colère pour vous, plus elle prend de l’ampleur. Et elle finit par ressurgir plus forte, plus violente : vous explosez ou vous somatisez (douleurs, maladies chroniques, stress intense). Pour éviter ça, utilisez les étapes 1 et 2 (identifier et canaliser).
  • Exprimez sa colère trop tard : vous sentez qu’un truc vous a agacé, mais vous attendez, et la colère finit par s’amplifier. Vous tournez en boucle la situation pénible, sans rien dire (vous restez à l’étape 2 trop longtemps). Pour éviter ça, exprimez-la dans les 24 heures, une fois que vous vous êtes un peu calmé.e.
  • Utiliser des mots blessants: quand on se sent non respecté, blessé, on peut facilement avoir envie de « se venger » en disant des mots blessants. C’est rarement une bonne stratégie pour obtenir ce qu’on veut. Utilisez la formule « je me sens… » (étape 3).
  • Culpabiliser après coup: vous avez explosé et vous vous en voulez. Rappelez-vous : la colère est normale. C’est normal d’exploser de temps en temps. En appliquant la technique en 3 étapes, vous apprendrez à mieux l’exprimer, félicitez-vous à chaque fois que vous y parvenez, au lieu de vous faire des reproches.

En résumé

Exprimer sa colère, c’est comme apprendre à conduire une voiture puissante : au début, on a peur de perdre le contrôle, mais avec la pratique, on maîtrise son énergie pour avancer sereinement. Le but n’est pas de gérer sa colère, ou de contrôler sa colère, mais d’identifier les besoins et de les exprimer de manière juste. 

Vos prochaines étapes :

Si vous avez tendance à vous énerver trop vite, retrouver : 4 pistes pour comprendre d’où ça vient.

Alors, quelle situation vous allez aborder différemment à l’avenir ? Quelles situations ont tendance à vous faire sortir de vos gonds ? Partagez en commentaires.

(1)Sources :

https://www.michiganmedicine.org/health-lab/danger-rage-rooms-may-make-you-angrier

https://news.osu.edu/breathe-dont-vent-turning-down-the-heat-is-key-to-managing-anger/

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