Sans en avoir forcément conscience, nous sommes tous dirigés par des messages inconscients qui guident nos interactions, nos manières d’agir. Les 5 drivers sont des messages inconscients qui nous impactent au quotidien. Les connaitre est fondamental pour comprendre comment ils influencent nos comportements, nos choix, nos relations.
En explorant ces injonctions inconscientes, nous pouvons mieux comprendre nos motivations, nos schémas, et également ceux des autres. C’est une manière de mieux se comprendre, pour mieux se transformer. Partons à la découverte de ces messages inconscients et de l’impact qu’ils ont sur nos vies.
Contenus
La théorie des drivers selon Taibi Kahler, c’est quoi ?
Cette théorie est le fruit des recherches du psychologue américain Taibi Kahler, créateur de la Process Communication. Il identifie 5 types de messages inconscients issus de notre éducation, en s’appuyant sur des principes de l’analyse transactionnelle. Ces injonctions inconscientes sont acquises pendant l’enfance et influencent vos pensées, vos comportements, vos actions de manière inconsciente.
Identifier et comprendre ses drivers est primordial pour une meilleure conscience de soi et pour identifier nos comportements limitants. Voici ces 5 drivers :
- Sois parfait
- Fais plaisir
- Sois fort
- Fais des efforts
- Dépêche-toi
Voyons en détail comment fonctionne chacun des drivers et ce qu’il nous amène à faire, dire pour mieux comprendre nos propres manières d’être.
Le driver « dépêche-toi »
On l’a tous entendu dans notre enfance : « dépêche-toi », « arrête de traîner », et parfois c’est devenu une injonction permanente. Et vous vous dépêchez en permanence, avec un sentiment d’urgence constant : être à l’heure devient une obsession, réussir rapidement, obtenir vite des résultats, etc.
Pour évaluer si ce driver vous dirige, vous pouvez vous poser ces questions :
- Aimez-vous fonctionner dans le rush ?
- Avez-vous tendance à marcher rapidement ? Parler rapidement ? Manger rapidement ?
- Avez-vous l’impression que rien ne va assez vite ?
- Vous mettez vous la pression pour obtenir des résultats rapidement ?
Tous ces signes montrent que le mode urgence est très présent chez vous. Et pourquoi c’est un problème ?
Parce que le stress vient amplifier la pression que vous vous mettez :
- Vous vous réveillez la nuit en pensant à toutes les tâches qu’il vous rester à faire,
- Vous enchainez les journées en mode action en permanence,
- Vous ne supportez pas les personnes lentes et ça nuit à vos relations,
- Vous vous énervez si ça ne va pas assez vite.
Bref, vous l’aurez compris, un driver trop présent peut nuire à votre bien-être. Alors comment réduire l’impact du driver « dépêche-toi » ?
Comment réguler l’impact du driver « Dépêche-toi » ? Comment faire en sorte que ce driver ne vous nuise pas ?
- Première étape : prenez conscience lorsque ce driver se manifeste, et l’impact qu’il a sur votre vie, votre comportement, vos émotions.
- Deuxième étape : autorisez-vous des moments de pause, des moments où vous ne faites rien de productif. Donnez-vous du temps pour faire les choses.
- Troisième étape : transformez les croyances qui nourrissent ce driver avec des phrases motivantes : « Je peux faire les choses tranquillement… », « J’ai le droit de prendre des pauses. », « Je peux faire moins mais mieux. », « prendre son temps n’est pas négatif ».
Ce driver n’a pas que des côtés négatifs et c’est important que vous en preniez conscience. Le but n’est pas de le supprimer, car il vous donne certains avantages : travail rapide, grande capacité d’action, résistance à la pression. Le but est donc de faire en sorte qu’il ne soit pas trop envahissant.
Le driver « Sois fort »
Si vous avez entendu : « arrête de pleurer », « sois courageux.se », « il faut se battre dans la vie », il est fort probable que vous ayez retenu qu’il faut être fort dans la vie. Alors vous ne demandez jamais d’aide, vous ne parlez jamais de vos difficultés (hors de question de paraitre « faible »).
Pour évaluer l’impact de ce message contraignant, voici quelques questions à vous poser :
- Avez-vous du mal à parler de vos émotions ?
- Vous dites-vous souvent : « arrête de te lamenter ! » ?
- Ressentez-vous un malaise face aux faiblesses des autres ?
- Dominez-vous vos émotions pour ne pas les montrer ?
- Méprisez-vous les personnes dépendantes des autres ?
Tous ces signes montrent que ce driver vous impacte au quotidien.
Quels sont les inconvénients ?
- Vous ne demandez jamais d’aide, au risque de vous épuiser.
- Vous n’exprimez pas vos émotions et elles peuvent s’amplifier.
- Votre capacité à tout gérer seul contribue à un certain isolement social.
- Vous devenez intolérant.e envers les personnes qui demandent de l’aide.
Pour diminuer l’impact de ce driver, voici quelques étapes :
- Première étape : prenez conscience de votre tendance à tout vouloir assumer seul.e. mesurez l’impact sur votre vie et les comportements associés.
- Deuxième étape : osez demander de l’aide, osez exprimer vos émotions. Au début, cela peut vous déstabiliser mais c’est un premier pas libérateur.
- Troisième étape : modifiez les croyances associées : qui décrète qu’il faut se débrouiller seul ou que la vie est dure ? en quoi c’est mal de montrer ses émotions ? pourquoi ce serait de la faiblesse de demander de l’aide ?
Au-delà des aspects négatifs, rappelez-vous qu’il a aussi des aspects positifs : vous avez une grande capacité d’adaptation face aux situations stressante, vous faites preuve d’autonomie. Apprenez à vous appuyer sur ces aspects positifs et à réguler les aspects négatifs progressivement.
Le driver « Fais plaisir »
On vous a répété en boucle : « sois gentil.le », « Sois poli.e », « pense aux autres », « Tu me fais de la peine », alors on a certainement renforcé le driver « fais plaisir » chez vous. Les personnes dirigées par ce driver font passer le plaisir des autres avant leurs propres besoins. Elles ont du mal à dire non, de peur de blesser.
Voici les questions à vous poser pour identifier ce driver :
- Avez-vous tendance à proposer votre aide, même si on ne vous demande rien ?
- Dites-vous oui facilement aux demandez, au détriment de votre propre agenda ?
- Ressentez-vous un mal être à l’idée d’exprimer vos désaccords ?
- Redoutez-vous l’avis des autres sur vous-même ?
Si vous avez répondu oui, vous avez donc tendance à vouloir faire plaisir à tout le monde et cela peut vous nuire sur le long terme. Vous avez constamment peur du regard des autres.
Les impacts du driver « fais plaisir » :
- Vous n’écoutez pas vos besoins, et donc vous ne les nourrissez pas.
- Vous êtes en quête de reconnaissance permanente, ce qui vous oblige à vous conformer à ce que les autres attendent de vous.
- Vous n’exprimez pas vos idées de peur d’être contesté.e.
- Vous êtes constamment frustré.e du manque de reconnaissance de ce que vous faites pour les autres.
Face à ce driver, vous avez les moyens d’agir pour rétablir un équilibre entre les plaisirs pour les autres et pour vous-même :
- Première étape : prendre conscience de cette tendance à vous oublier au profit des autres. Et mesurez l’impact que cela a dans votre vie, notamment au niveau de votre équilibre.
- Deuxième étape : apprenez à favoriser régulièrement vos besoins, vos priorités et à laisser de côté celles des autres. Prenez du temps pour faire ce qui vous passionne, ce qui vous fait du bien, pour prendre soin de vous.
- Troisième étape : déconstruire les croyances associées à ce driver : « j’ai le droit de penser à moi », « je suis le/la seul.e à savoir ce dont j’ai besoin », « Je compte autant que les autres », « Je peux dire non sans me sentir coupable », « je prends du plaisir à prendre soin de moi ».
Ce driver n’a pas que des côtés négatifs, il vous amène aussi à être une personne appréciée de votre entourage. Prenez conscience de cela pour équilibrer et devenir aussi une bonne personne pour vous-même.
Le driver « Fais des efforts »
Vous avez entendu « Fais un effort, quand on veut on peut », « on n’a rien sans rien », « dans la vie, il faut travailler dur », alors vous êtes sans doute impacté par le driver « fais des efforts ». Les personnes impactées par ce driver ont tendance à continuer à travailler même si elles n’en ont plus la force, et à ne pas savoir savourer les choses obtenues facilement.
Ce driver pousse donc à trop agir en rendant les choses plus compliquées. L’adage « ce qui est facile n’a pas de saveur » correspondrait bien à ce driver.
Pour savoir si vous êtes concerné.e par ce driver, voici quelques questions à vous poser :
- Avez-vous beaucoup d’endurance, une forte capacité de travail ?
- Êtes-vous davantage attiré par des projets difficiles ?
- Minimisez-vous les résultats obtenus facilement ?
- Négligez-vous de savourez vos réussites ?
- Avez-vous du mal à faire des pauses, juste pour souffler ?
Si c’est le cas, c’est que ce driver est certainement très présent chez vous.
Voici ce que vous pourriez faire pour le contrer :
- Première étape : prendre conscience de ces injonctions et de l’impact sur votre comportement, et votre relation au travail et à l’effort.
- Deuxième étape : contrez les comportements associés par des comportements opposés en acceptant de célébrer les réussites faciles, en vous focalisant sur les étapes d’un projet plutôt que sur l’effort. Et surtout, en acceptant de faire des pauses, de ralentir, de vous donner l’autorisation de ne rien faire.
- Troisième étape : explorer et déconstruire les croyances associées. Qui a dit que le travail devait être dur ? Serait-il possible de travailler dans la joie ?
Certaines phrases peuvent vous aider à changer ces croyances : « Je peux réussir facilement », « je peux avoir du plaisir en travaillant », « je peux me réjouir quand c’est facile ».
Et rappelez-vous, il y a des avantages à savoir faire des efforts. Cela vous permet de vous dépasser, vous avez de la motivation pour les nouveaux projets. Le problème, c’est quand vous allez jusqu’à l’épuisement. Il vous faut donc apprendre à moduler vos efforts et à prendre soin de vous.
Le driver « Sois parfait.e »
Si vous avez constamment entendu : « c’est pas mal mais tu peux mieux faire », « ne fais pas les choses à moitié », « regarde ton cousin, il est toujours premier », il est fort à parier que le driver « Sois parfait » vous impacte. Et pour atteindre la perfection (qui est impossible), vous travailler beaucoup, vous vous attardez sur des détails, vous cherchez à prouver votre valeur. Comment repérer si ce driver vous impacte ?
Voici quelques questions à vous poser :
- Avez-vous du mal à déléguer de peur que ce soit mal fait ?
- Quand vous donnez du travail, contrôlez-vous sans arrêt ?
- Avez-vous l’habitude de minimiser les résultats de vos actions ?
- Analysez-vous tout dans les moindres détails ?
- Avez-vous tendance à analyser les situations à l’extrême avant de prendre une décision ?
Si c’est le cas, alors ce driver vous domine et impacte votre comportement, vos humeurs, votre stress.
Voyons comment le minimiser :
- Première étape : prendre conscience de ce driver et de l’impact qu’il a quotidien. Repérez les discours qui vous amènent à le renforcer.
- Deuxième étape : apprenez à vous faire aider, à accepter que vous pouvez vous tromper. Faites le nécessaire pour aller à l’essentiel (l’objectif est plus important que le temps passé). Soyez plus indulgent.e avec vous-mêmes (et par la même occasion avec les autres).
- Troisième étape : prenez le temps de repérer et de déconstruire les croyances associées. Qui décide qu’une chose est parfaite ? qui décrète qu’il faut faire toujours mieux ?
Comme pour tous les drivers, celui-ci a ses avantages. Il vous amène à faire du mieux que vous pouvez, à être rigoureux. On peut vous faire confiance si on veut du travail bien fait. Mais il peut facilement vous épuiser si vous ne parvenez pas à l’équilibrer.
Les inconvénients des drivers
Chaque driver a des avantages et des inconvénients. Pour la plupart d’entre nous, nous sommes dirigés par deux drivers forts. Et ils vont influencer notre manière d’agir. Si vous êtes fortement dominé par le « fais plaisir », vous risquez de vous oublier au profit des autres. Si vous êtes fortement dominé par le « sois parfait », vous allez vous épuiser à chercher la perfection dans toutes vos actions, etc.
L’inconvénient avec vos drivers forts, c’est qu’ils vous amènent à vous éloigner de qui vous êtes vraiment. Ils dirigent vos actions, vos paroles, vos relations sans que vous en ayez forcément conscience. Vous êtes pilotés par eux, au lieu de faire des choix éclairés.
En reconnaissant vos drivers forts, vous pouvez vous appuyer sur les avantages qu’ils vous apportent, et minimiser l’impact des inconvénients.
Pourquoi connaitre ses drivers
Quand j’ai commencé à explorer mes propres drivers, j’ai identifié les deux principaux : « sois parfaite » et « dépêche-toi ». Et ce qui était gênant, c’est que ce sont deux drivers assez contradictoires ; comment bien faire les choses si on se dépêche sans arrêt ?
En prenant conscience de mes drivers, j’ai identifié les situations pendant lesquelles ils impactaient mon comportement. Par exemple, quand je me suis installée à mon compte, ils ont eu un impact énorme.
Mon « sois parfaite » m’amenait à toujours vouloir faire les choses de manière optimum, et augmentait ma peur d’être jugé. Et ça m’a empêché de lancer de nombreux projets, pensant que je n’étais pas encore assez compétente.
Mon « dépêche-toi » me faisait me disperser sans arrêt. En effet, dès que je lançais un nouveau projet, si ça ne marchait pas tout de suite, j’abandonnai. Ce qui laissait peu de chances au dit projet, parce qu’il faut parfois du temps pour qu’une activité marche.
On a tous un driver dominant. En connaissant vos drivers, vous pourrez identifier plus facilement les comportements délétères et l’insatisfaction qu’ils entrainent. Et ce sera une bonne manière de les rectifier, pour les remplacer par un message plus constructif. Aujourd’hui, j’ai la patience d’attendre lorsque je lance un projet. Et surtout, je n’attends pas que ce soit parfait pour oser, et j’apprends sur le chemin.
Comment transformer un message contraignant
Une des premières choses que vous devez comprendre, c’est que le plus important, c’est de parvenir à être vraiment vous-même, au lieu de vous laisser dominer par les messages contraignants de ces drivers. Dès que vous répondez à des injonctions « fais plaisir », « sois parfait.e », vous vous éloignez de vous-même.
Puis vous pourrez ensuite apprendre à prendre soin de vous, à nourrir vos besoins, autant que ceux des autres. Non seulement, ça vous aidera à mieux accepter que ces drivers soient présents de temps en temps, mais à ne pas les laisser vous envahir. Les personnes qui ont conscience de leurs drives sont capable de mieux comprendre pourquoi elles se comportent de telle manière face à une situation.
Au fil de votre parcours de découverte de vos drivers, vous pourrez apprendre à transformer chaque driver pour le rendre soutenant pour vous. C’est cette voie d’équilibre qui vous permettra de comprendre que vous ne pouvez pas supprimer les drivers, mais apprendre à les diriger. Vous ne serez plus « drivé » par eux, mais c’est vous qui serez le maître.