Mon défi bonheur – Semaine 6

Pour la suite de mon défi Bonheur, cette semaine, j’ai lu le livre de la joie. Pendant une semaine, Douglas Abrams a interviewé Sa Sainteté le Dalaï Lama et l’archevêque Desmond Tutu, avec comme sujet central, la joie.

Le Dalaï Lama a connu l’exil et a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, pour son combat non violent en faveur de la libération du Tibet.

Desmond Tutu est un lutteur acharné contre l’apartheid. Il a été le Président de la Commission Vérité et Réconciliation. Cette commission a eu pour but de favoriser la fin de l’apartheid, et la réconciliation entre les victimes et les auteurs d’exaction durant l’apartheid en Afrique du Sud. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1984.

Ces deux grands sages font toujours preuve de beaucoup d’humour dans leur échanges et de grande complicité.

Ils se considèrent comme des frères spirituels. Tout au long de leurs échanges, il se taquinent beaucoup.

L’arrivée

Les deux amis blaguent ensemble et témoignent de leur bonheur de se retrouver.

Le Dalaï lama explique que le bonheur ne se trouve pas dans les biens matériels et le pouvoir, mais en chacun de nous. Et nous pouvons créer notre bonheur et notre joie.

Le 1er jour : la nature de la joie véritable.

Les deux amis échangent sur la nature de la joie. Elle se trouve en se concentrant sur nos qualités intérieures. En développant la bonté et la compassion.

Le Dalaï lama cite le Maître Bouddhiste Shantideva : « si l’on peut lutter contre le tourment, pourquoi se décourager ? Et si l’on est impuissant, à quoi bon désespérer ? ». Il est important de prendre du recul face aux expériences douloureuses. Son adage : « La douleur est inévitable, la souffrance est optionnelle. ».

Il ne s’agit pas de dénier la douleur, mais de savoir que nous ne sommes pas seul à souffrir. De chaque expérience, on peut tirer du bon.

Desmond Tutu : les frustrations sont inévitables, et on ne peut y échapper. Mais on peut les transformer en expérience positive.

Nulle beauté ne naît sans souffrance :

Desmond Tutu : j’ai toujours prêché en faveur du pardon et de la paix. La communauté nous aide et nous pouvons voir dans chaque expérience, même douloureuse le peu de choses agréables qui sont présentes.

Le Dalaï lama : en arrêtant d’être centré sur soi, et en sachant que d’autres souffrent, nous pouvons prendre soin de nous sans oublier les autres.

Selon les études, on peut cultiver la joie. Et trois facteurs sont indispensables : voir le positif, la gratitude, et l’attention et la générosité.

Avez-vous renoncé aux plaisirs ?

Est-ce que le plaisir et la joie sont en relation ?

Le Dalaï lama : la joie est plus profonde et plus durable. Le plaisir est plus éphémère. Et ce n’est pas en étant attaché aux plaisirs (en les recherchant à tous prix) qu’on développe la joie.

Selon Richard Davidson (neuro scientifique, spécialiste du bonheur), pour le bien entre il faut :

  • Garder un esprit positif,
  • Capacité à se remettre d’un traumatisme,
  • Savoir se concentrer,
  • Etre généreux.

Nous sommes nés pour coopérer, c’est une capacité innée de l’humain.

Notre plus grande joie :

Desmond Tutu a développé le concept de l’UNBUNTU : une personne est une personne au travers d’autres personnes. Nous sommes tous complémentaires et nous sommes faits pour être compatissant.

Le Dalaï lama insiste sur le fait que nous devons être compatissant, cesser d’avoir peur de l’autre. Pour une journée heureuse, nous devons aider les autres, ou au moins, ne pas nuire.

Pendant le déjeuner, les deux amis échangent sur le fait d’influencer, non par la religion, mais par ce qu’on fait, ce qu’on est. Ils se considèrent tous deux comme des humains, et pas comme des individus spéciaux.

Nous avons tous besoin de recevoir de l’amour, et nous devons éprouvé de l’amour pour l’humanité toute entière.

2ème et 3ème jour : les obstacles à la joie.

Le Dalaï lama  nous invite à développer notre « immunité mentale » : avoir une saine disposition d’esprit, et être capable de garder notre calme malgré les épreuves.

Desmond Tutu nous invite surtout à nous accepter même si nous avons des émotions négatives.

Douglas Abrams précise que ces deux visions sont valables, selon les spécialistes en psychologie : nous pouvons améliorer nos émotions et nous devons accepter que, parfois, elles reviennent.

Le Dalaï lama  : nos projections mentales nous amènent à avoir une vision différente de la réalité telle qu’elle est.

Desmond Tutu : quand on ne peut rien faire face à une situation, inutile de se taper la tête contre les murs, cela n’apporte rien, excepté une bonne migraine.

Peur, stress et anxiété :

Douglas Abrams cite Nelson Mandela : « j’ai compris que le courage n’est pas de ne pas avoir peur, mais de triompher de la peur. »

La peur nous permet de nous protéger des dangers, mais elle peut nous isoler.

Nous sommes aujourd’hui plus indépendant, mais cela peut être une source d’angoisse ou d’anxiété.

Le Dalaï lama : les attentes et les ambitions des gens sont plus importantes aujourd’hui. Il nous invite à être réaliste dans nos ambitions.

Les deux hommes nous conseillent de prendre conscience que l’on peut être heureux avec peu. On doit plutôt voir les perceptions des dangers comme des défis à relever.

Et ne pas se sentir isolés les uns des autres. Cultiver notre lien fraternel, se considérer comme un grand tout.

Frustration et colère :

Le Dalaï lama : la peur et la frustration sont proches. La colère et la peur sont des réactions instinctives de fuite (colère) ou de peur (combat). C’est lié au fait de ne pas avoir ce qu’on veut ou d’avoir ce que l’on ne veut pas. Parfois la peur de ne pas être aimé, intégrer, respecté.

Il faut comprendre ce qui se cache derrière la peur, accepter notre vulnérabilité et compatir pour soi-même. Et voir aussi la vulnérabilité de l’autre. Voir en chaque homme un don de Dieu.

Desmond Tutu : la juste colère, c’est quand les autres sont menacés, c’est une arme choisie.

Les études montrent que les émotions de colère, de peur et de haine impactent notre système immunitaire.

Tristesse et chagrin :

Desmond Tutu : il ne faut pas chercher à être superman, et brider ses émotions.

Les temps difficiles permettent de tisser des liens avec les gens ; nos larmes permettent à nos proches de savoir que nous avons besoin de réconfort. Cela nous pousse à chercher soutien et solidarité.

Le Dalaï lama : quand on perd un être cher, si on pense à la personne disparue, on peut réaliser les souhaits de cette personne et échapper au découragement. Mais si on pense qu’à soi (à son chagrin), on cède au désespoir.

Gordon Wheeler Yeho : le chagrin est le témoignage de la profondeur de notre amour : prendre le temps d’éprouver la perte, l’absence, le manque.

Désespoir :

Comment trouver la joie au cœur d’un univers torturé ?

Desmond Tutu nous rappelle que c’est dans les grandes catastrophes qu’on voit que les êtres humain sont une grande famille.

Les deux sages sont persuadés que l’on va vers un monde meilleur, même si cela prend du temps.

Le Dalaï Lama nous parle de la pratique de la méditation de TONGLEN : prendre la colère, la peur, la haine, et donner l’amour et le pardon.

Desmond Tutu nous invite à voir le bon dans l’humain. Lui-même apaise la souffrance d’autrui, pas par sa supériorité, mais parce qu’il peut partager leur souffrance et leur détresse.

Il ne s’agit pas de voir un monde tout en rose, mais de le voir avec lucidité et honnêteté.

Sur la question de la différence entre optimisme et espoir :

  • L’espoir s’appuie sur nos convictions que la tempête finit par passer et nous invite au lien (le désespoir nous enferme en nous-même).
  • L’optimisme est plus volatile, et peut facilement se transformer en pessimisme.

Solitude :

Le Dalaï lama : nous nous sentons parfois isolé au cœur des grandes villes. Mais même sans se connaitre, on peut se sentir responsables les uns des autres. Ne pas s’intéresser aux différences, mais voir que nous sommes tous des humains.

Desmond Tutu : accueillir les âmes égarées dans nos temples, églises, synagogues, pas pour les convertir, mais pour les sortir de l’isolement.

Douglas Abrams : quelle est la différence entre être solitaire et être esseulé ?

Le Dalaï lama : la peur, la méfiance, isole physiquement et mentalement. Il nous faut ouvrir nos cœurs. Et au lieu de se focaliser sur moi, mon truc, apprenons à fraterniser. Alors même seul physiquement, on se sent en lien.

Desmond Tutu : on peut aussi être en lien dans une communauté, qu’elle soit religieuse ou pas.

Les études montrent que les personnes qui utilisent plus souvent les mots « je », « moi », ont plus de risques d’avoir des attaques cardiaques.

Envie :

Desmond Tutu : c’est notre sentiment inné de justice qui nous met mal à l’aise avec l’injustice. Et pour combattre l’envie, il faut pratiquer la gratitude.

Le Dalaï lama   nous invite à être compatissant et à voir notre humanité commune. Et cultiver notre esprit pour ne pas être envieux.

Souffrance et adversité :

Le Dalaï Lama cite un dicton tibétain qui dit que l’adversité peut se muer en opportunité et un autre qui dit que l’expérience de la douleur éclaire la nature du bonheur.

C’est l’esprit du cœur qui fait la différence dans les moments difficiles.

Il nous cite le moins Lopon-la, qui a été emprisonnée pendant 18 ans dans les geôles chinoises. Sa pire crainte était de perdre sa compassion pour les chinois.

La joie est encore plus grande quand on a surmonté de grandes difficultés.

Desmond Tutu : notre bonté grandit chaque fois qu’elle est mise à l’épreuve des difficultés. La joie se manifeste quand on cesse de se regarder le nombril, sans toutefois s’oublier. Trouver du sens dans l’épreuve.

Douglas Abrams relate le témoignage d’une survivantes d’Auschwitz : « les enfants trop gâtés, et protégés ont été les premiers à succomber, ils attendaient que les autres les sauvent. ».

Maladie et peur de la mort :

Les deux sages nous rappellent que nous devons accepter que la maladie et la mort font partie de la vie.

Nous sommes de passage et nous devons juste employer ce temps avec sagesse.

Méditation :

Les deux sages partagent ensemble une méditation et une prière, dans leur tradition. Ils témoignent comme la méditation ou la prière leur permet de rester sereins en toutes circonstances.

Et ils invitent chacun à dépasser ses croyances restrictives sur nous et les autres.

4ème et 5ème jour : les 8 piliers de la joie.

Je ne vais pas détailler tous les échanges, afin de rendre cet article plus fluide, mais vous transmettre les principales notions.

Perspective

La façon dont nous voyons les choses impacte notre point de vue, nos actions et même nos sentiments. La perspective que nous prenons peut nous rendre joyeux, ou désespéré. On peut également se rappeler qu’on n’est pas les seuls à traverser des épreuves quand elles se présentent.

Humilité :

Avec l’humilité, nous voyons plus large, nous ne sommes pas centré sur notre position sociale. Nous nous voyons comme une être humain comme les autres, et qui a besoin des autres. Sans se dévaloriser, se considérer toujours comme un étudiant.

Humour :

L’humour nous permet de nous sentir en lien avec les autres. L’auto dérision est une invitation au partage : « viens t’assoir avec moi et rions de moi ensemble. Puis nous rirons de toi ensemble »

Acceptation :

C’est par l’acceptation que nous pouvons commencer à changer. Au lieu de lutter contre le courant on apprend à agir de façon plus appropriée. La méditation aide à être présent à chaque instant, et à accepter la vulnérabilité, l’inconfort dans la vie de tous les jours.

Dans le bouddhisme : avoir un but pour grandir, mais pas d’impatience. Faire de notre mieux sans s’attacher aux résultats.

Le pardon :

Aucun humain n’est né méchant et il faut apprendre à pardonner pour se libérer. Pardonner ne veut pas dire autoriser, mais voir l’humain sans approuver les actes. Anthony Ray Hinton, accusé à tort et qui a passé 30 ans dans les couloirs de la mort, a pardonné à tous les responsables : « si je suis furieux et rancunier, je leur donne le reste de mon existence. ».

Gratitude :

Cultiver la gratitude pour toutes les choses et tous les êtres. Se réjouir de notre bonne fortune et de celles des autres.

Cela nous aide à être plus ouverts, à célébrer chaque jour.

Frère David Steindl-Rast, moine : « ce n’est pas le bonheur qui nous rend reconnaissant, c’est la reconnaissance qui nous rend heureux. »

Compassion :

Nous devons cultiver la compassion pour arrêter d’avoir peur de l’autre. Et nous devons aussi la cultiver pour nous même.

Générosité :

C’est le prolongement de la compassion. Elle est indispensable à notre survie, car nous ne pouvons vivre seul. Selon les études, elle nous aide aussi à être en meilleure santé. Elle peut être matérielle, ou d’une autre forme.

Célébration et départ :

Les deux amis se rendent au village des enfants pour écouter leur témoignage sur la joie.

Ils concluent ce long entretien en espérant que cela aidera de nombreuses personnes à comprendre que chacun peut faire à son niveau.

La joie ne se recherche pas, elle vient comme un cadeau, pour notre amour désintéressé pour autrui.

A la fin du livre on trouve des exercices pratiques pour cultiver la joie (je vous laisse les découvrir dans le livre, et je reparlerai de certains d’entre eux, dans un prochain article).

Pour terminer, je vous conseille vraiment de lire ce livre. C’est une mine d’informations et d’échanges très profonds entre deux être exceptionnels. Et je n’ai pu en relater toutes les subtilités dans leur moindre détail, mais ce livre m’a énormément touché.

Bonne lecture, et n’oubliez pas de partager cet article s’il vous a plu.

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2 réflexions au sujet de « Mon défi bonheur – Semaine 6 »

  1. Merci Isabelle, de nous avoir partagé la lecture de ce livre où règnent humour, complicité entre ces 2 personnalités et même parfois dans leurs échanges taquinerie et grande chaleur humaine; une grande amitié se lie entre eux avec du rire et vraiment cette joie qu’ils aiment nous communiquer. Ce livre est une vraie mine d’or , tu as su mettre en évidence les phrases clés de chacun qui nous interpellent .Vrai délice que de passer ce moment avec eux afin de retrouver en chacun de nous au plus profond de notre être :calme, apaisement et sérénité ; on n’aimerait s’étendre sur ce livre.
    Merci encore à toi Isabelle, avec impatience, dans l’attente d’une nouvelle œuvre que tu sais si bien nous partager.

    1. Merci Michèle pour ce retour. J’ai vraiment été très touché par ces deux témoignages. Ces deux hommes ont connu l’exil, la répression. Ils ont vu des gens proches d’eux mourir. Et pourtant, ils gardent une foi en l’humanité qui remplit d’espoir. Au delà des discours anxiogène qu’on voit partout, ils nous transmettent la joie et le bonheur d’être en lien avec l’humanité, plutot que de voir les cotés sombres.
      Une immense leçon de sagesse.

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