Comment être heureux ? - En route vers la sérénité
comment être heureux

Comment être heureux ?

« Comment être heureux ? » : voici une question que nous nous posons tous. Existe-t-il une formule pour connaître le bonheur, ou au moins éviter le malheur ? Voyons ce qu’en disent ceux qui se sont penchés sur ce sujet.

J’ai trouvé passionnant de réfléchir sur le bonheur, et j’ai donc décidé d’en faire une série d’articles, dans lesquels j’ai résumé les livres que je lisais.

Aujourd’hui, je vous propose d’en faire la synthèse pour vous donner toutes les clefs pour être heureux.

Se connaître pour être heureux

Nous avons tous un rapport au bonheur qui est différent. Notre éducation, mais aussi notre aptitude à être heureux ont un impact sur notre bonheur. Et nous avons chacun une définition du bonheur qui nous est propre.

La chose la plus importante est donc de se connaitre pour cultiver le bonheur qui nous correspond. Connaitre nos compétences dans la vie, que ce soit au niveau relationnelle, qualités, aptitudes. Ainsi nous pouvons apprendre à les cultiver, et à les enrichir. Cela nous amène à avoir une certaine satisfaction, en étant dans une zone de connaissance pour nous. Mais cela nous amène aussi à nous améliorer sur les domaines dans lesquels nous sommes moins performants.

Par ailleurs, en connaissant nos qualités, mais aussi nos valeurs, nous sommes capables de nous engager dans des actions qui nous correspondent vraiment. Combien de fois avez-vous dit oui à des activités pour faire plaisir aux autres ? Nous avons tous connu ces moments, où nous nous sommes dits : « qu’est-ce que je fais là ? » (Et c’était rarement des moments de bonheur).

Aussi, en connaissant ce qui nous convient, les valeurs qui sont importantes, les besoins que nous avons, nous ne sommes plus pris au piège du « oui pour faire plaisir ». Nous avons donc la capacité de faire des choix de façons plus éclairés, et être plus heureux.

En prenant conscience de ce que nous voulons vraiment, nous sommes aussi capables de résister aux influences. J’aime beaucoup la petite fable de Tchouang tseu sur l’homme et sa cage vide (voir le résumé du livre : le bonheur selon Tchouang tseu). Je vous la raconte :

Un jour, un homme reçoit la visite d’un ami qui lui dit : « si tu accroches chez toi une cage vide, tu peux être sûr que d’ici quelques jours, tu te retrouveras à t’occuper d’un oiseau ». Mais il ne voit pas le lien, et lui dit que c’est faux. Son ami pari avec lui qu’il a raison, et le voilà avec une cage vide accroché chez lui.

Il reçoit un premier visiteur : « oh ton oiseau est mort ! Tu dois être bien triste, je peux t’en offrir un si tu veux !»

Puis un deuxième visiteur vient le voir : « oh ton oiseau est mort, c’est que tu ne sais pas t’en occuper. Je vais t’offrir un livre sur les oiseaux. »

Puis un troisième visiteur : « tout le monde a vu ta cage vide, voici un oiseau et des graines »

Lhomme finit par accepter l’oiseau. Voilà que son ami a gagné son pari. Et la prédiction se vérifia.

Parfois on peut perdre la force qui nous pousse à refuser de se laisser transformer.

Et voilà comment on se laisse influencer et parfois même manipuler.

A delà de ce que nous aimons, de nos forces, de nos qualités et de nos aptitudes, il nous faut apprendre à reconnaitre et accepter nos parts d’ombre. Vous savez ces petits travers qui nous agacent ? Par exemple, j’ai remarqué que j’avais de la colère quand quelqu’un n’était pas intègre. Je sais donc que l’intégrité est une qualité très importante pour moi. Et je sais aussi que je dois faire attention quand je rencontre quelqu’un qui n’a pas cette qualité, pour ne pas m’emporter inutilement (être heureux, c’est aussi lié aux émotions). Après tout, cette même personne a d’autres qualités que je n’ai peut-être pas. Nos émotions peuvent vraiment nous aider à déterminer nos valeurs.

Dire oui à la vie

Dire oui à la vie pour être heureux
Image par Sajjad Saju de Pixabay

Pour être heureux, encore faut-il en avoir envie, et surtout de dire oui à la vie, telle qu’elle nous a été donnée.

Nous sommes nés au sein d’un pays, avec une culture particulière, nous avons reçu une éducation qui nous est propre, et nous devons accepter que ce soit comme ça. Cela ne signifie pas que nous devons rester passifs, mais le premier pas pour le changement est de prendre conscience d’où on est.

Dire oui à la vie, c’est aussi accepter que nous soyons confrontés à certaines difficultés, c’est la vie même. En gros, pas de bonheur sans malheur.

En acceptant ces aléas, et en décidant d’être heureux, nous prenons aussi notre pleine responsabilité : celle de se mettre sur le chemin de la transformation, de l’exploration, en nous étudiant nous-mêmes. Le bonheur se trouve aussi sur ce chemin, et pas seulement au bout.

La responsabilité nous amène aussi à ne plus se victimiser, mais comprendre le rôle que nous avons à travers les décisions que nous prenons. Par exemple, si ma situation financière ne me plait pas, je peux blâmer mon patron de ne pas me payer assez cher, ou chercher comment l’améliorer par moi-même pour être plus heureux.

En acceptant ma responsabilité, je peux alors me mettre à l’action. Il n’est pas nécessaire que je cherche à faire des transformations du jour au lendemain, mais un pas à la fois. Le chemin vers le bonheur se fait petit pas par petits pas.

Dire oui à la vie, c’est aussi accepter nos vertus, nos facilités, nos schémas. Nous pouvons alors les transformer plutôt que de nous plaindre ; cultiver nos vertus, nous appuyer sur nos facilités pour les valoriser, et améliorer nos schémas pour qu’ils nous servent au lieu de nous nuire.

La tentation du malheur

Une des choses les plus surprenantes que j’ai apprise au sujet du bonheur, c’est que nous ne sommes pas tous égaux face au bonheur. (voir l’article sur le livre de C. André)

Nous naissons avec une capacité au bonheur qui est différente, certaines personnes auront une grande capacité à être heureux, et d’autre moins.

Ce qui est intéressant c’est que nous avons tous une influence sur cette capacité, et que nous pouvons la cultiver…A moins d’être tenté par le malheur (certaines personnes restent dans le malheur par superstition, par habitude).

En effet, notre espèce a été « câblée» pour éviter le malheur, et nous avons donc naturellement tendance à nous rappeler plus facilement les moments malheureux que les moments heureux.

Alors comment être heureux en éloignant le malheur ? Voici quelques pistes :

Ne pas nourrir les plaintes : plaignez-vous une fois d’une situation, c’est tout. Rester dans la rumination d’un problème n’a jamais aidé à le résoudre. Et vous n’êtes pas heureux en vous plaignant (et vos proches non plus, d’ailleurs).

Réfléchir à la solution plutôt qu’au problème. Au lieu de ruminer sur le problème, prenez le temps de réfléchir aux moyens que vous avez de le résoudre.

Comprendre d’où vient votre pessimisme : pourquoi entretenez-vous une façon négative de voir la vie ? Est-ce par superstition ? Par habitude ? Il vous sera alors plus facile d’en sortir.

Faire la paix avec ses émotions

Etre terrassé par la peur, submergé par la colère, ou immergé dans la tristesse ne va pas vous aider à être heureux. Pourtant toutes ces émotions, souvent qualifiées de négatives, ont leur utilité. Mais alors comment faire en sorte de les rendre plus supportables ?

L’acceptation

La première chose à faire avec les émotions est d’apprendre à les accepter. Ce n’est pas en faisant semblant d’être super heureux que votre tristesse va se volatiliser.

Quand vous sentez qu’une émotion est présente, prenez le temps de l’accueillir, vous pouvez par exemple vous dire : « ah, je sens que je suis triste, là, maintenant ». Vous n’avez pas besoin de rentrer dans des ruminations, ni de vous rendre encore plus triste. Vous n’avez pas non plus à faire comme si ce n’était pas là, en faisant semblant d’être heureux.

Voir ce qui se cache derrière l’émotion

C’est important aussi de vous interroger sur votre émotion. Est-ce vraiment de la peur, ou de la tristesse, ou de la colère. Ou y-a-t-il autre chose derrière ? De la frustration, un sentiment d’injustice ? Comprendre ce qui se cache derrière l’émotion vous permettra de mieux vous connaitre (et on a vu que cela était important pour être heureux).

Ne pas nourrir ses émotions

Une fois que vous avez identifié l’émotion, ce n’est pas la peine de la nourrir avec des pensées, en alimentant encore et encore l’émotion. Vous avez le droit d’être triste, mais vous n’avez pas besoin d’être désespéré.

En apprenant à faire la paix avec vos émotions, vous allez apprendre à mieux les identifier, et à reconnaitre quelles sont les valeurs qui sont importantes pour vous, mais aussi quels sont vos besoins pour être plus heureux.

Comment être heureux : la notion de perspective

Lorsqu’on est focalisé sur le négatif, on a tendance à déformer la réalité, ou à l’amplifier.

Prendre de la distance, de la hauteur sur ce qui nous arrive, peut nous permettre de moins nous focaliser sur des petits aléas qui n’ont pas besoin d’être une obsession.

Pour cela, nous devons remarquer quels types de pensées on nourrit. Qu’est ce qu’on se raconte quand on est confrontés à un problème ou une difficulté ?

Pour cela pratiquer la méditation de pleine conscience est d’une grande aide. Cette pratique nous invite à être conscients (on fait attention) du flot de pensée qui arrive, sans le nourrir.

A force de remarquer ces pensées, nous sommes alors capables de prendre de la distance, et de voir si nous nourrissons des pensées qui exagèrent la réalité, ou qui nous font voir les choses sous un angle « catastrophiste ».

Quand je travaillais en entreprise (et avant de pratiquer la méditation) je pouvais passer des heures à m’inquiéter sur une chose que m’avait dite une collègue : « j’aurai du dire ça, mais qu’est-ce qu’on va penser de moi, pour qui elle se prend, etc. ». Aujourd’hui quand je remarque que je pars dans un flot de pensée, cela m’amuse, je me dis : « tiens revoilà parti le petit moulin ». Et instantanément le flot s’arrête.

Prendre de la distance avec les histoires qu’on se raconte nous permet de bien faire la distinction entre ce qui est grave et ce qui est chiant. Inutile de se focaliser sur ce qui est chiant, si on souhaite être heureux.

Etre heureux grâce à l’humour

Le bonheur en riant : à partir du moment où vous serez capable de rire d’une situation c’est que vous aurez réussi à prendre suffisamment de distance.

L’humour peut aussi vous être destiné, sachez rire de vous-mêmes, de vos petits travers, de vos erreurs, et vous réussirez à dédramatiser.

C’est un formidable outil d’humanité. Si une situation est tendue, un trait d’humour peut facilement débloquer les choses. Et c’est la même chose lors des communications. Une remarque désobligeante peut facilement entraîner des conflits, alors qu’avec une réponse humoristique, on désamorce complètement la situation.

D’ailleurs dans le livre de la joie, Desmond Tutu et le Dalaï Lama parle de l’humour comme d’un élément du bonheur. Cela permet de lier des liens de façon humble (l’humilité étant aussi une composante du bonheur). J’aime beaucoup cette phrase de Desmond Tutu : « viens t’assoir avec moi et rions de moi ensemble. Puis nous rirons de toi ensemble »

Le pardon

Dans le bouddhisme, on considère la haine comme un poison. Si on pratique la vengeance, on devient comme la personne qui nous a fait du mal, et cela ne nous rendra jamais heureux.

« Si on pratique œil pour œil et dent pour dent, le monde entier sera bientôt aveugle et édenté ». Gandhi.

Il faut savoir pardonner, et peut être d’abord à soi-même. La bonne pratique pour cela est la compassion, savoir que les autres sont comme nous et qu’ils recherchent aussi le bonheur, même s’ils le font de façon maladroite, peut nous aider à pardonner.

En reconnaissant en nous nos faiblesses et nos souffrances (grâce à la compassion pour nous-mêmes), nous devenons plus capable d’accepter que d’autres ont aussi leur faiblesses, et sont capables, comme nous, de faire des erreurs.

«Pardonnez aux autres, non pas parce qu’ils méritent le pardon, mais parce que vous méritez la paix d’esprit»

Cultiver la gratitude

Nous avons parfois tendance à nous focaliser sur tout ce qui ne va pas dans notre vie. En pratiquant la gratitude, nous nous habituons progressivement à remarquer les petits bonheurs du quotidien et qui nous font du bien.

La gratitude consiste donc à être reconnaissant pour une ou plusieurs choses. Elle s’applique pour les choses matérielles mais aussi pour les moments, les aptitudes.

Vous pouvez être reconnaissant pour des choses du quotidien : la bonne douche chaude du matin, le petit déjeuner copieux, le sourire de vos enfants, votre intérieur douillet. Mais vous pouvez aussi pratiquer la gratitude pour des moments de votre vie, et pas forcément les grands événements ; si on doit attendre de se marier, de faire un grand voyage, pour avoir de la gratitude, on ne la pratiquerait pas souvent dans notre vie. Vous pouvez être reconnaissant pour le bonheur d’un café en terrasse, ou le bonheur d’un bon diner partagé avec votre famille, pour le lever de soleil.

Une autre source de gratitude très puissante, est celle pour vos qualités, vos aptitudes. Vous pouvez être reconnaissant d’avoir eu la motivation pour votre séance de sport, ou d’avoir persévéré sur un souci à régler (et savourer le bonheur de l’avoir réglé), ou encore pour une qualité dont vous avez fait preuve lors d’échanges avec d’autres personnes : empathie, écoute, patience.

La gratitude nous amène à nous concentrer sur ce qui est positif dans nos vies, et à force de noter ces petits moments (je recommande de noter 3 petits bonheurs par jour chaque soir), vous finissez par voir plus souvent tous ces petits bonheurs, qui finissent par devenir des heures, des journées.

Etre heureux : l’importance du lien

créer du lien pour être heureux.

Des études (1) ont montré que les personnes qui étaient entourées d’amis, avec des liens forts, vivaient plus longtemps et en meilleure santé. C’est la même chose pour les personnes en couple, à condition que le couple soit un choix (on ne se marie pas pour trouver le bonheur), et que la relation soit harmonieuse.

Aussi, pour cultiver le bonheur, il nous faut cultiver le lien aux autres : avoir des amis, pas trop, mais entretenir cette amitié. Ce n’est pas le nombre de liens qui importe mais leurs qualités.

Le fait de pratiquer la générosité nous aide aussi à être heureux, car la nature profonde de l’être humain est d’être altruiste. Une étude(1) a montré que lorsqu’un ami est heureux, notre bonne humeur augmente de 9%, alors qu’elle baisse de 7% si un ami est malheureux. Faisons donc en sorte que nos amis soient heureux pour augmenter notre degré de bonheur.

Pour être heureux, il nous faut donc cultiver les amitiés, et le lien avec générosité.

J’espère que vous aurez ainsi des pistes pour améliorer votre bonheur.

En vous rappelant toutefois, que même si la quête du bonheur est indispensable pour le cultiver, c’est important aussi de ne pas en faire une obsession, au risque de se rendre malheureux, ce serait un comble 😉

Et vous, quel aspect est déjà présent dans votre vie ?

(1) http://jhfowler.ucsd.edu/dynamic_spread_of_happiness.pdf

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